Brève de recherche DDC (Cohorte 2016) – COUNSELING DE CARRIÈRE – Violence et femmes
16 janvier 2017  -  Par :   -  Recherche  -  Aucun commentaire

BRÈVE DE RECHERCHE DDC – Cohorte 2016

Dans le cadre de leur tout premier cours de baccalauréat et de majeure en développement de carrière, les étudiants inscrits au cours « Introduction au développement de carrière » (CAR 2901) sont invités à produire un résumé de lecture d’un article scientifique.  Nous les partageons avec vous, un par un, dans l’esprit que cela puisse inspirer vos réflexions et qui sait, vos pratiques ?

Thème : Counseling de carrière

violence

Image récupérée de https://www.flickr.com/photos/runjanefox/9214235312

Chartier-Legault, Stéphanie (2017).  Compte rendu de K. Chronister, E. Harley, C. Aranda, L. Barr et P. Luginbuhl, 2012. Community-based career counseling for women survivors of intimate partner violence: A collaborative partnership. Journal of Career Development, 39(6), 515-539.

Cette recherche a pour but de décrire la structure et la mise en œuvre de services d’orientation professionnelle conçus pour aider les femmes victimes de violence conjugale (VVC). Pour ce faire, Chronister et al. (2012) ont examiné la structure du modèle de services d’orientation et les fondements théoriques de recherche. De plus, ils ont inclus deux exemples de cas réels d’intervention en orientation pour mettre en évidence leur pertinence. Leur étude a été réalisée en partenariat avec leur équipe universitaire et Womenspace, un organisme visant à venir en aide aux femmes VVC.

Les auteurs ont utilisé une approche écologique (Bronfenbrenner, 1979, 1989) pour construire un partenariat communautaire et ainsi, réaliser leur étude. Leur partenariat comprend trois composantes principales qui sont intégrées chez Womenspace : la création d’un Conseil en développement de carrière, la formation d’une équipe de conseillers d’orientation et de chercheurs puis la distribution d’informations en développement de carrière pour tous les intervenants et usagers.

Le programme d’aide vise à aider les femmes VVC sur trois aspects : soit pour trouver un travail, faire un retour aux études ou trouver un deuxième travail/trouver un travail plus payant. Pour les rencontres avec les clients durant l’étude, plusieurs activités étaient prévues : des exercices écrits, des évaluations et rétroactions, des activités en lien avec le monde du travail, des jeux de rôles en lien avec le travail et finalement, travailler en collaboration avec des réseaux de support.

Le premier cas étudié pour cette recherche était celui de Maricela qui est arrivée au pays il y a cinq afin de fuir son partenaire violent. Elle a consulté en orientation afin de trouver un emploi rapidement. L’objectif du conseiller en orientation était d’identifier, avec Maricela, ses valeurs liées au travail, ses compétences, ses intérêts et ses choix en matière d’emploi. Après consultation, Maricela en était venue à la décision de retourner aux études. Le conseiller et Maricela ont donc travaillé sur son objectif à court terme (trouver un emploi) et sur son objectif à long terme (retour aux études). Le second cas était à propos de Sally qui vivait avec son copain faisant actes de violence psychologique. Sally a été congédiée et recherchait donc un emploi. La séance consistait en une discussion sur ses compétences, sur ses raisons de ne pas aimer son dernier travail, sur les aspects pouvant la bloquer dans la poursuite de son objectif ainsi que de la création de son curriculum vitae. À la fin de la séance, Sally a pris un deuxième rendez-vous avec son conseiller afin de poursuivre son processus.

L’étude comprenait plusieurs avantages. En quatre ans, plus de 100 femmes VVC ont été suivies. Tout d’abord, plusieurs indicateurs portaient à croire que la qualité du service offert était satisfaisante. Puis, chaque trimestre, Chronister (2012) assistait aux réunions du personnel afin de connaitre ce qui fonctionnait et ce qui ne fonctionnait pas avec ces services d’orientation. Aussi, un sondage était remis aux clients à la fin de chaque consultation pour connaitre leur opinion sur les services reçus. Dans l’ensemble, les commentaires étaient positifs. L’étude comportait aussi ses limites. Premièrement, la construction du partenariat a nécessité beaucoup de temps. Deuxièmement, la nature du partenariat devait être négociée à chaque changement administratif important. Troisièmement, l’équipe a eu de la difficulté à former les membres du personnel de Womenspace sur les services d’orientation en raison du sous-financement qui leur était accordé. Quatrièmement, une limite importante consistait au fait qu’il y avait plusieurs femmes VVC qui ne souhaitaient pas utiliser le service d’orientation et/ou ne se voyaient pas comme des personnes ayant besoin de services pour femmes VVC. Finalement, une autre limite était liée aux difficultés du système informatique utilisé par les intervenants. En effet, il était difficile d’obtenir les informations des clients, mais le problème a été réglé depuis.

Stéphanie Chartier-Legault

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À propos de l'auteur :

Professeur-chercheur (Counseling de carrière) / Directeur de la Clinique Carrière / Directeur des programmes de premier cycle en développement de carrière / Conseiller d'orientation et superviseur clinique Université du Québec à Montréal

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