Brève de recherche DDC – Cohorte 2016 – ÉMOTIONS ET RECHERCHE D’EMPLOI (Chloé Simard)
3 février 2017  -  Par :   -  Recherche  -  Aucun commentaire

BRÈVE DE RECHERCHE DDC – Cohorte 2016

Dans le cadre de leur tout premier cours de baccalauréat et de majeure en développement de carrière, les étudiants inscrits au cours « Introduction au développement de carrière » (CAR 2901) sont invités à produire un résumé de lecture d’un article scientifique.  Nous les partageons avec vous, un par un, dans l’esprit que cela puisse inspirer vos réflexions et qui sait, vos pratiques ?

emotions

 

Thème : Recherche d’emploi / Jeunes

Image récupérée de https://pixabay.com/fr/photos/emotions/

Simard, Chloé (2017). Compte rendu de S. Bonaccio, N. Gauvin et C.L. Reeve, 2014.  The experience of emotions during the job search and choice process among novice job seekers. Journal of career developement, 41(3), 237-257.

 

Le but de cette recherche consistait à évaluer l’influence qu’ont les émotions des chercheurs d’emploi novices sur leur recherche ainsi que sur leur prise de décision. Le statut de débutant est attribué à l’étudiant qui n’a pas encore trouvé son premier emploi à temps plein après l’obtention de son diplôme.

Selon Bonaccio et al. (2014), plusieurs études se sont intéressées à la pertinence des émotions lors de la recherche d’emploi, comme Côté et al. (2006) qui ont trouvé que les émotions positives étaient liées à une recherche définie tandis que Crossley et Stanton (2005) ont découvert que les émotions négatives influençaient en bien le succès de la recherche. L’effet de ces émotions est abordé dans cette étude à travers les types de recherche d’emploi et les stratégies pour choisir un emploi. Il y a trois types de recherches d’emploi : la ciblée, lorsqu’un chercheur d’emploi concentre son attention sur un petit nombre d’options jugées supérieures, l’exploratrice, où l’individu connaît ses critères d’emploi, mais est ouvert aux alternatives et ne se restreint pas et la désorganisée, lorsque la personne collecte des informations à propos de soi sans en discriminer. D’après les auteurs, une recherche d’emploi désorganisée donnerait un moins grand nombre d’offres d’emploi qu’une recherche exploratrice. Quant aux stratégies de décision, il y a celle motivée par des critères et celle non motivée par des critères. Ces critères représentent une liste de caractéristiques désirées dans un emploi idéal. Les individus qui ont établi les éléments de leur recherche auraient plus de chances de faire des choix par rapport à des critères déterminés tandis que ceux qui n’ont pas de critère risqueraient de faire des choix incongruents avec leurs préférences.

L’étude a été réalisée auprès d’un échantillon de 41 individus, chacun ayant complété leur recherche d’emploi durant les deux derniers mois. L’âge moyen des participants était de 20,17 ans. 51,22 % d’entre eux étaient des femmes. Une moyenne de 5,51 organisations ont employé les participants dans le passé avec une moyenne de 2,73 postes à temps plein et une moyenne inconnue de postes à temps partiel. L’échantillonnage a été établi parmi des jeunes qui ont été recrutés grâce à des annonces affichées dans le campus d’une université canadienne. Les données ont été collectées grâce à des entrevues rétrospectives avec l’aide de la méthode de Thorbjornsson et al. (1999), dans le but de comprendre les critères de leur recherche d’emploi et la manière dont ils ont fait leurs choix durant celle-ci. L’entrevue ne comportait aucune question explicite par rapport à l’état émotif des participants durant leur recherche d’emploi afin de ne pas fausser la fluidité de leurs réponses.

L’étude a révélé que la recherche d’emploi tendait à être désorganisée et basée sur aucun critère lorsque l’individu se laissait influencer par ses émotions. Sinon, la présence de critères était également revue à la baisse et le premier poste offert était accepté lorsque le chercheur d’emploi vivait des émotions négatives, même si l’emploi n’avait aucun lien avec ses critères d’emploi. Alors que pour ceux qui avaient une stratégie de recherche ciblée, aucune décision hâtive n’était prise en fonction de leur état émotionnel. D’après ces résultats, il y avait une corrélation entre les émotions et la recherche d’emploi, dans la mesure où les émotions influençaient la manière de prendre des décisions en matière d’emploi. De plus, le type de recherche d’emploi rendait plus probable le fait de vivre certaines émotions. Ainsi, les résultats ont permis de montrer l’importance d’aider les jeunes chercheurs d’emploi à bien gérer leurs émotions. D’ailleurs, les conseillers en orientation peuvent aider non seulement les chercheurs débutants à mieux gérer leurs émotions, mais aussi à développer leurs techniques de recherche pour qu’elles soient plus efficaces. Par contre, d’autres études seraient nécessaires pour réviser ou compléter ces conclusions étant donné que les entrevues rétrospectives peuvent s’accompagner d’une distorsion de la mémoire qui obscurcit les liens de causalité entre les émotions et les choix lors de la recherche d’emploi. De plus, la culture et la personnalité ont pu influencer les réponses des participants. Ainsi, il serait pertinent de poser des questions plus spécifiques à propos des émotions pour des recherches futures.

 

Chloé Simard

À propos de l'auteur :

Professeur-chercheur (Counseling de carrière) / Directeur de la Clinique Carrière / Directeur des programmes de premier cycle en développement de carrière / Conseiller d'orientation et superviseur clinique Université du Québec à Montréal

Commentaire