Brève de recherche DDC – Cohorte 2016 – RECHERCHE D’EMPLOI ET INCARCÉRATION (Sara-Sophie Baller)
15 mars 2017  -  Par :   -  Recherche  -  Aucun commentaire

BRÈVE DE RECHERCHE DDC – Cohorte 2016

Dans le cadre de leur tout premier cours de baccalauréat et de majeure en développement de carrière, les étudiants inscrits au cours « Introduction au développement de carrière » (CAR 2901) sont invités à produire un résumé de lecture d’un article scientifique.  Nous les partageons avec vous, un par un, dans l’esprit que cela puisse inspirer vos réflexions et qui sait, vos pratiques ?

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Thème : Recherche d’emploi

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Baller, Sara-Sophie (2017). Compte rendu de A. Cantora, 2015. Navigating the job search after incarceration: the experiences of work-release participants. Criminal Justice Studies, 28(2), 141-160.

Cette étude visait à se documenter sur l’expérience des femmes en recherche d’emploi lors de leur séjour en maison de transition après incarcération. Elle traite des obstacles, des défis et des différents outils mis à leur disposition afin de retrouver leur place au sein du marché du travail.

Cantora (2015) a utilisé plusieurs outils de comparaison afin de bien montrer les liens entre l’accès au travail et la situation des femmes après l’incarcération. Pour ce faire, il a comparé le niveau d’études, le contexte psychologique, leurs expériences et a utilisé de nombreuses autres études afin de documenter ses propos.

L’étude a été réalisée auprès de résidentes de la maison de transition Halfway House (NJDOC) au New Jersey entre juin 2007 et novembre 2007. La sélection des individus pour l’échantillon a été faite sur une base volontaire et anonyme. 43 femmes résidaient à Halfway House lors du premier jour de l’entretien et 33 ont accepté de participer à l’étude. La recherche s’étendait sur trois entretiens. Suite au dernier entretien prévu, le chercheur leur a demandé d’effectuer un quatrième et dernier entretien afin de les enregistrer et 29 de ces participantes ont accepté. Le protocole d’entretien a été structuré autour d’une série de questions qui tenait compte de leur expérience pendant l’incarcération, de leur transition, de leur vie quotidienne à Halfway House et de leur recherche d’emploi. Chaque entretien a duré de 30 minutes à 2 heures.

 En premier lieu, Cantora (2015) a cherché à identifier les liens de causalité entre le degré d’études des femmes anciennement incarcérées et leur capacité à se trouver un emploi. D’après une étude faite par Brooks et Shollenberger (2009), les femmes qui avaient un niveau d’études plus élevé et de l’expérience de travail avaient plus de chances de trouver et de garder un emploi dans la première année suivant leur libération. Même si 65% des anciennes détenues se trouvaient un emploi à leur libération, moins de la moitié le maintenait (Visher et al., 2011). En deuxième lieu, l’auteur traite des conséquences d’avoir un casier judiciaire, plus particulièrement son effet sur la stigmatisation. D’autres études ont montré que les détenteurs de casiers judiciaires sont considérés comme étant une menace par les employeurs (Sampson et Laub, 1993; Solomon et Waul, 2001; Western et al., 2001). De plus, les femmes seraient plus stigmatisées que les hommes en raison de leur plus haut taux de toxicomanie et de troubles de santé mentale (LeBel, 2012). En troisième lieu, l’auteur a cherché à montrer l’impact que le programme Halfway House avait sur ces femmes. D’après les études de Mackey et Fretz (2007) et de O’Brien (2002), les femmes qui ont passé par ce programme avaient moins de chance de récidive que celles n’ayant pas fait le programme. Toutefois, la qualité du travail obtenue par les anciennes détenues jouait aussi un rôle sur les chances de récidive (Visher et Travis, 2003).

La majorité des participantes, soit 76%, ont eu une assurance-emploi en résident à Halfway House. Le processus de recherche d’emploi auprès de ces femmes leur faisait vivre beaucoup d’anxiété et de découragement. Les participantes ont éprouvé un double stigmate, soit d’avoir un casier judiciaire et l’humiliation de résider au Halfway House. Pendant leur séjour, elles ont appris à gérer leur anxiété et la manière dont elles devaient répondre aux questions sur leur passé criminel. Ces femmes étaient très motivées à trouver un emploi dans leurs domaines. Par contre, la majorité de ces dernières ne se trouvaient que des emplois en restauration rapide étant donné qu’ils étaient plus faciles d’accès. Pour rester dans le programme, elles devaient respecter plusieurs règles. Malgré les différentes ressources mises à leur disposition, les femmes trouvaient qu’elles n’étaient pas assez soutenues et manquaient de temps pour se trouver un emploi. La recherche comportait des limites, soit la taille de l’échantillon et la nature de la collecte de données qui ne permettaient pas d’avoir une conclusion portant sur d’autres programmes semblables. Finalement, le chercheur n’a pas pu faire de suivis à long terme auprès de ces femmes, dû au manque de temps.

À propos de l'auteur :

Professeur-chercheur (Counseling de carrière) / Directeur de la Clinique Carrière / Directeur des programmes de premier cycle en développement de carrière / Conseiller d'orientation et superviseur clinique Université du Québec à Montréal

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