BRÈVE DE RECHERCHE DDC – Cohorte 2016 – Recherche d’emploi – SANTÉ MENTALE ET RETOUR AU TRAVAIL (Marie-Kim Robinson)
13 mars 2017  -  Par :   -  Recherche  -  Aucun commentaire

BRÈVE DE RECHERCHE DDC – Cohorte 2016

Dans le cadre de leur tout premier cours de baccalauréat et de majeure en développement de carrière, les étudiants inscrits au cours « Introduction au développement de carrière » (CAR 2901) sont invités à produire un résumé de lecture d’un article scientifique.  Nous les partageons avec vous, un par un, dans l’esprit que cela puisse inspirer vos réflexions et qui sait, vos pratiques ?

happy

Thème : Recherche d’emploi

Image récupérée de https://www.flickr.com/photos/aigle_dore/7356883190

Robinson, Marie-Kim (2017). Compte rendu de B.J. Pfeifer et D.R. Strunk, 2016. Getting back to work: Cognitive behavioral predictors of depressive symptoms and job search success. Journal of Clinical Psychology, 72(6), 591-605.

Peu d’études existent concernant l’influence des modèles de comportements cognitifs et des lacunes de fonctionnement sur l’évolution des symptômes dépressifs. Ces derniers sont fréquemment observés chez les sujets qui vivent de longues périodes sans emplois. Cette recherche s’est intéressée aux variables qui pouvaient influencer l’apparition de symptômes dépressifs chez les chômeurs. Les auteurs se sont aussi questionnés quant au lien entre ces mêmes variables et l’efficacité dans la recherche d’emploi. Afin d’étudier le problème, Pfeifer et al. (2016) se sont intéressés aux modèles de comportements cognitifs qui accroitraient la vulnérabilité des chômeurs aux symptômes dépressifs (ex : pensées négatives, dépendance à l’approbation des autres, évitement, etc.) ainsi qu’aux habiletés cognitivo-comportementales qui auraient un effet protecteur contre les symptômes dépressifs. Les auteurs se sont aussi intéressés à l’impact de ces facteurs sur l’efficacité dans la recherche d’emploi. La recherche a été effectuée à partir d’échantillon composé de 140 adultes américains sans emploi qui ont répondu à sept questionnaires sur le site Amazon’s Mechanical Turk. Ils ont été invités à répondre à nouveau trois mois plus tard. 75 d’entre eux ont donné suite. Les questionnaires mesuraient le niveau d’estime de soi, les aptitudes cognitivo-comportementales, les croyances relatives au bonheur, au perfectionnisme et à la dépendance sociale. Ils mesuraient aussi les tendances d’évitement qui sont caractéristiques de la dépression ainsi que la fréquence des pensées ruminantes et les comportements associés aux pensées négatives. De plus, ils offraient une mesure de l’anxiété et du stress chez les sujets ainsi que la perception des sujets sur leurs capacités à trouver un emploi. La recherche a permis de montrer que le fait de trouver un emploi ou non n’avait pas d’impact évident sur les symptômes dépressifs des chômeurs. Effectivement, ces symptômes avaient diminué chez tous les sujets. La résilience serait le facteur principal qui expliquerait le phénomène. Les auteurs ont aussi remarqué que l’efficacité dans la recherche d’emploi a diminué chez la totalité des participants. Pfeifer et al. (2016) ont aussi montré que les facteurs de vulnérabilité avaient un impact réel sur la sévérité des symptômes dépressifs. En opposition, les aptitudes cognitivo-comportementales ont eu un effet protecteur sur ces mêmes symptômes. Les sujets qui présentaient ce type d’habiletés se sont révélés plus efficaces dans leurs stratégies de recherche d’emploi. Cette recherche comportait certaines limites. Par exemple, l’absence de manipulation expérimentale des variables fait qu’il était impossible d’établir une relation de cause à effet. Aussi, l’échantillon n’était peut-être pas représentatif de la réalité des chômeurs américains. Enfin, les auteurs n’ont pas vérifié si les participants de l’étude rencontraient les critères d’une dépression majeure. En conclusion, les aptitudes cognitivo-comportementales (habiletés à faire face aux problèmes) ont un impact significatif sur l’évolution des symptômes dépressifs ainsi que sur l’efficacité dans la recherche d’emploi. De manière surprenante, la recherche a montré que le fait de ruminer ses pensées concernant sa recherche d’emploi avait aussi un impact positif dans l’efficacité de celle-ci. Selon les auteurs, les sujets qui ont passé le plus de temps à cogiter sur leur problème ont probablement développé de nouvelles approches.

).

À propos de l'auteur :

Professeur-chercheur (Counseling de carrière) / Directeur de la Clinique Carrière / Directeur des programmes de premier cycle en développement de carrière / Conseiller d'orientation et superviseur clinique Université du Québec à Montréal

Commentaire