BRÈVE DE RECHERCHE DDC – Cohorte 2016 – Recherche d’emploi – SOUTIEN À L’EMPLOI POUR SANS ABRI (David Désilets)
6 juin 2017  -  Par :   -  Recherche  -  Aucun commentaire

BRÈVE DE RECHERCHE DDC – Cohorte 2016

Dans le cadre de leur tout premier cours de baccalauréat et de majeure en développement de carrière, les étudiants inscrits au cours « Introduction au développement de carrière » (CAR 2901) sont invités à produire un résumé de lecture d’un article scientifique.  Nous les partageons avec vous, un par un, dans l’esprit que cela puisse inspirer vos réflexions et qui sait, vos pratiques ?

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Thème : Recherche d’emploi

Image récupérée de https://pixabay.com/fr/sans-abri-perdu-intimid%C3%A9-peur-1213053/

Désilets, David (2017). Compte rendu de M.K. Ferguson, B. Xie et S. Glynn, S. (2012). Adapting the Individual Placement and Support Model with Homeless Young Adults. Child Youth Care Forum, 41(3), 277-294.

En 2011, Ferguson et al. ont rendu compte d’une étude réalisée de 2009 à 2010 auprès d’une quarantaine de jeunes adultes en situation d’itinérance atteints ou à haut risque de maladie mentale. Rapportant préalablement des faits montrés par des études sur le faible taux d’employabilité chez les jeunes sans-abris ainsi que sur les bénéfices d’un programme d’insertion professionnelle sur des gens aux prises avec des troubles de santé mentale, Ferguson et al. (2011) ont avancé l’hypothèse suivante : Une intervention conçue pour l’insertion professionnelle d’adultes ayant des problèmes psychiatriques (Individual Placement and Support (IPS), Better; Drake, 2003) peut être adaptée pour des populations de jeunes adultes sans-abris aux prises avec de problèmes de santé similaires. Le programme d’insertion et de placement dont il question ici est le modèle d’intervention Individual Placement and Support (IPS). Reconnu par des pairs, il est caractérisé par un suivi soutenu et personnalisé pour l’insertion et le maintien à l’emploi des personnes vulnérables. Sept principes-clés ont été mis de l’avant, soit « aucune exclusion à l’admission », « services d’orientation et traitements en santé mentale incorporés », « employabilité concurrentielle », « aide à la gestion des prestations », « recherche d’emploi à court terme », « suivi à long terme » et « préférences vocationnelles ». Des études antérieures réalisées par les auteurs montraient un haut taux de chômage (66%-71%) chez les personnes en situation d’itinérance (Ferguson et Xie, 2008) et l’associaient à divers facteurs combinés tels le niveau d’éducation et les épisodes fréquents de troubles de santé mentale affectant leur employabilité. L’objectif principal de cette étude a donc été d’adapter le programme d’insertion spécialisée (IPS) afin de l’implanter dans un milieu précaire et d’en tester l’application et les apports chez de jeunes sans-abris atteints de maladies mentales. Afin de bien mesurer les effets du modèle IPS chez les jeunes adultes, deux groupes ont été formés. Le premier groupe de 20 répondants a bénéficié du modèle d’intervention IPS tandis que le second de 16 répondants a été guidé par un programme d’insertion régulier formait donc le groupe contrôle. Les candidats ont pu s’inscrire sur une base volontaire au programme, mais devaient répondre à quatre critères pour être admissibles à l’étude soit être âgé entre 18 à 24 ans, être anglophone, avoir eu un diagnostic d’au moins un des six problèmes de santé mentale répertoriés et exprimer son intérêt au travail par la signature de formulaires de consentement de l’étude. L’étude s’est déroulée sur 10 mois. Des informations préliminaires ont été récoltées lors d’une brève entrevue au début du processus suivant le protocole MINI (Sheehan et al., 1998). Des intervenants formés pour l’IPS ont assuré un suivi conformément au modèle tout au long de l’étude dans un ratio d’un intervenant pour vingt répondants. Les données collectées étaient principalement en lien avec l’obtention ou la rétention d’un emploi, le nombre d’heures travaillées, le revenu et le secteur d’emploi du participant. La principale limite de l’étude vient de l’échantillon restreint (36 à la fin de l’étude) et non-aléatoire. Les deux groupes présentaient aussi de légères différences quant au nombre de répondants et la moyenne d’âge des participants. De plus, recruter des participants sans-abris sous condition de s’impliquer dans la démarche a probablement apporté un biais dans la projection des résultats sur l’ensemble des gens en situation d’itinérance. Les auteurs parlaient d’un écrémage naturel dans l’échantillonnage. Quoi qu’il en soit, les résultats de cette étude étaient significatifs selon Ferguson et al. (2011). Les groupes IPS et contrôle se sont distingués de plusieurs points de pourcentage en ce qui concernait les taux d’employabilité et de rétention au travail, et ce, sur toute la durée de l’étude. Les auteurs parlaient aussi d’une réponse plus importante de la part des jeunes adultes que des adultes, concluant finalement que le modèle IPS était adaptable et efficace sur des jeunes adultes en situation d’itinérance aux prises avec des problèmes de santé mentale. Ce constat étant fait, ils ouvrent la porte à d’autres types d’adaptations permettant de subvenir à d’autres types de clientèle.

À propos de l'auteur :

Professeur-chercheur (Counseling de carrière) / Directeur de la Clinique Carrière / Directeur des programmes de premier cycle en développement de carrière / Conseiller d'orientation et superviseur clinique Université du Québec à Montréal

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