Brève de recherche DDC – Cohorte 2016 – TROUBLE DE SANTÉ MENTALE ET RETOUR AU TRAVAIL (Mélanie Roussel)
1 février 2017  -  Par :   -  Recherche  -  1 commentaire

BRÈVE DE RECHERCHE DDC – Cohorte 2016

Dans le cadre de leur tout premier cours de baccalauréat et de majeure en développement de carrière, les étudiants inscrits au cours « Introduction au développement de carrière » (CAR 2901) sont invités à produire un résumé de lecture d’un article scientifique.  Nous les partageons avec vous, un par un, dans l’esprit que cela puisse inspirer vos réflexions et qui sait, vos pratiques ?

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Thème : Transition professionnelle / Santé mentale

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Roussel, Mélanie (2017). Compte rendu de S.E. Lagerveld, R.W.B. Blonk, V. Brenninkmeijer, L. Wijngaards-de Meij et W.B. Schaufeli, 2012. Work-focused treatment of common mental disorders and return to work: A comparative outcome study. Journal of occupational health psychology, 17(2), 220-234.

Cette étude, effectuée par des psychothérapeutes auprès de personnes en arrêt de travail en raison de troubles de santé mentale, avait pour but d’évaluer l’efficacité de deux traitements de psychothérapie : a) les thérapies cognitivo-comportementales habituelles (TTC) et (b) les TTC comprenant des aspects axés sur le travail (T-TTC). Les mesures de résultats étaient portées sur la durée de l’arrêt avant le retour complet au travail, les problèmes de santé mentale et les coûts engendrés pour l’employeur. Les chercheurs de cette étude, Lagerveld et al. (2012), ont estimé que les T-TTC pouvaient être économiquement plus rentables pour l’employeur et plus efficaces sur la durée de l’arrêt de travail.

Basée en grande partie sur les travaux de Beck (1976), la théorie des TTC vise un changement de cognitions dysfonctionnelles et l’acquisition de stratégies d’adaptation efficaces. Les T-TTC sont des TTC habituelles comprenant des ajouts de modules supplémentaires relatifs au travail qui viendrait favoriser le retour suite à un arrêt de travail. L’idée centrale des T-TTC est que toutes techniques TTC peuvent s’appliquer à un contexte de travail, mais que les techniques de T-TTC obtiennent des résultats plus efficaces dans ce contexte spécifique. En fonction des critères du DSM-IV (APA, 1994), les troubles communs de la santé mentale regroupent les troubles d’ajustement, les troubles d’anxiété, les troubles somatoformes indifférenciés ou les troubles de l’humeur. Les troubles dépressifs majeurs et le syndrome du stress post-traumatique ont été exclus de cette étude.

L’étude a été réalisée auprès de 208 employés en arrêt de maladie pour des raisons associées à problèmes psychologiques et 168 de ces personnes ont répondu aux questionnaires et aux suivis servant à la collecte de données. Les participants provenant de divers emplois différents ont été recrutés et séparés aléatoirement en quatre groupes de traitements (deux en TTC et deux en T-TTC). Des traitements d’une durée de 12 semaines ont été dispensés par 15 psychothérapeutes. Le protocole utilisé en TTC comportait un module de base de six semaines sur l’identification du problème et la réduction des symptômes. Des modules optionnels ont été choisis avec le client pour le restant des sessions. Les T-TTC comportaient le module de base du TTC ainsi qu’un module axé sur le travail et le retour au travail. Ce module contenait des activités reliées au travail telles que la participation aux réunions hebdomadaires de l’employeur ou la participation à certaines tâches de l’entreprise. Le stress a été mesuré par les deux sous-échelles du Symptom Checklist-90 (Arrindel et Ettema, 2003; Derogatis, 1977) et l’épuisement émotif à l’aide du Maslach Burnout Inventory (Schaufeli et van Dierendonck, 2000). L’estimation des coûts moyens de l’employeur reliés aux arrêts de travail a été calculée en jugeant qu’un jour de congé maladie équivalait à 160 euros (environ 222 dollars canadiens) en salaires versés.

Les résultats de l’étude ont été nettement positifs pour les groupes ayant suivi un traitement de T-TTC. Effectivement, ces participants ont entièrement repris le travail 65 jours plus tôt que les participants qui ont reçu le TTC. Tous les problèmes de santé mentale ont diminué avec le temps, quel que soit le type de traitement. Les résultats ont aussi montré que la réduction des coûts pour un employeur s’estimait à 20 % par employé. Par contre, des limites viennent influencer l’interprétation et la généralisation des résultats de cette étude: le facteur aléatoire de l’échantillon et le manque de données relatives aux suivis ultérieurs. Effectivement, le mélange des participants par groupe, indépendamment du type de thérapie, ainsi que les similitudes/différences des résultats demeuraient des facteurs aléatoires. Pour ce qui est des données, aucun suivi n’a été fait auprès des participants qui avaient abandonné l’étude et aucune information n’a été disponible sur les évènements ultérieurs suivant la fin de l’étude. Celles-ci peuvent être importantes, car des rechutes sont fréquentes après cette période. En somme, les résultats ont montré que le type de psychothérapies, incluant les aspects liés au travail, peut sensiblement accélérer le retour au travail des employés. Ils peuvent également être une fructueuse approche pour les employeurs qui souhaiteraient aider leurs employés et économiser sur les coûts reliés aux arrêts de travail.

Mélanie Roussel

 

À propos de l'auteur :

Professeur-chercheur (Counseling de carrière) / Directeur de la Clinique Carrière / Directeur des programmes de premier cycle en développement de carrière / Conseiller d'orientation et superviseur clinique Université du Québec à Montréal

1 Commentaire to “Brève de recherche DDC – Cohorte 2016 – TROUBLE DE SANTÉ MENTALE ET RETOUR AU TRAVAIL (Mélanie Roussel)”
  • Audrey Roy
    2 février 2017 - Répondre

    Salut Mélanie,

    ton travail a bien été verbalisé, je te félicites sur ton bon travail!

    Audrey

Commentaire