L’anxiété (dé)orientante !
1 juin 2017  -  Par :   -  Actualités, Recherche  -  Aucun commentaire
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L’anxiété (dé)orientante !

 

Entre 2010 et 2012 j’ai élaboré et donné à maintes reprises une formation continue d’une journée pour l’Ordre des conseillers et des conseillères d’orientation du Québec intitulée « L’anxiété désorientante ». L’idée derrière était d’approfondir avec mes pairs conseillers d’orientation de partout au Québec comment l’anxiété peut contaminer la manière dont un individu traite l’information à propos de lui-même en interaction avec le monde (les autres, les professions, le marché du travail, etc.) et conséquemment, influencer la manière de procéder à une prise de décision de carrière se voulant éclairée. Dans le cadre d’une, trop courte, chronique sur l’anxiété et la prise de décision de carrière, je souhaite tout simplement faire prendre conscience et réfléchir sur le sujet.

Tout au long de la vie, nous faisons face à des défis pouvant provoquer des sentiments plus ou moins intenses et prolongés d’anxiété : transiter des études secondaires aux études collégiales, puis universitaires; gérer une rupture d’emploi, de couple (ou les deux !), réaliser une recherche d’emploi; faire un choix d’études parmi plusieurs possibilités; maintenir des relations interpersonnelles productives et saines au travail;  gérer les directives d’une personne stricte, froide ou débonnaire; exposer oralement ses idées devant un groupe, etc. (Cournoyer, 2012). Tout un chacun peut expérimenter l’anxiété, à un moment ou l’autre de sa vie, dans la mesure où cela peut constituer un mécanisme sain de protection et d’ajustement à des situations plus inquiétantes, voire dangereuses, de la vie (Portail de la santé du Gouvernement du Québec, s.d.).

À cet égard, la perspective d’évaluation d’un trouble d’anxiété d’inscrit dans une perspective que j’appellerais « on/off », c’est-à-dire que l’on est porteur d’un trouble anxieux selon X caractéristiques sur Y nombre de possibilités OU nous ne le sommes pas. Il y a aussi lieu, en orientation professionnelle par exemple, d’envisager l’anxiété, comme toute autre problématique de fonctionnement psychologique, comme un « continuum », c’est-à-dire que tous se situent, de manière plus ou moins récurrente, à l’un ou l’autre des points. D’ailleurs, tel que le souligne l’ACSM (2014), une anxiété normale et prévue fait partie de la condition humaine. À cet égard, une publication de l’Institut universitaire de santé mentale Douglas de Montréal (s.d.) souligne que l’anxiété sert à nous protéger de situations dangereuses, mais à dose excessive sa fonction de protection en devient une d’emprisonnement. C’est la teneur de la souffrance personnelle et de la difficulté de fonctionner qui va déterminer si nous sommes dans une situation d’anxiété normale ou d’un trouble anxieux. Selon l’ACSM (2014), ce type de trouble constitue le problème de santé mentale le plus courant et touche des personnes de tous les âges. Ils peuvent amener des croyances erronées (ex.; que tout doit être parfait) ou de comportements non constructifs. Un trouble anxieux peut gravement perturber nos vies en regard de ce que nous pensons, ressentons et faisons.

L’Association canadienne pour la santé mentale (2014) identifie cinq catégories de troubles anxieux :

  1. Phobies : peur intense à l’égard d’une chose spécifique (objet, animal, situation) qui amène des comportements d’évitement.
  2. Trouble panique : peur soudaine, intense, répétée et inattendue qui provoquent des sensations physiques (accélération du rythme cardiaque, essoufflements, nausées) en contexte de situation normale ou stressante.
  3. Agoraphobie : peur de se retrouver dans une situation où l’on perçoit que l’on ne pourrait s’échapper ou trouver de l’aide, ce qui entraîne des comportements d’évitement.
  4. Anxiété sociale : peur intense d’être embarrassé ou de faire l’objet d’une évaluation négative par autrui, au point où la personne puisse en venir à éviter les situations sociales et les relations au travail ou à l’école.
  5. Anxiété généralisée : inquiétude excessive à l’endroit de plusieurs problèmes et situations quotidiens (pendant plus de six mois) s’accompagnant souvent de tensions musculaires et de troubles de sommeil.

 

Il est rappelé par Kessler (2007) que l’anxiété tout comme la dépression constitue les deux troubles mentaux les plus fréquents chez les jeunes adultes, notamment lors de la période de 18 à 24 ans. Il existe d’autres problématiques de santé mentale qui ne sont pas formellement identifiées comme des troubles anxieux, mais dont l’anxiété en constitue une partie importante. C’est le cas notamment des troubles obsessivo compulsifs et de stress post-traumatique. Les troubles anxieux les plus fréquents sont les phobies spécifiques et l’anxiété sociale, suivis de l’anxiété généralisée, l’agoraphobie et l’anxiété de séparation (Katz, Murray, Stein et Sareen, 2013).  Tel que le soulignent Baraldi, Joubert et Bordeleau (2015) :

« L’anxiété ressentie face à des événements ou des activités est très intense et perturbe la vie de tous les jours de même que les activités familiales, professionnelles et sociales. Les symptômes du trouble d’anxiété généralisée sont l’agitation ou la sensation d’être survolté ou à bout, la fatigue, les difficultés de concentration, l’irritabilité, la tension ou la douleur musculaire, les sensations de tremblement, les maux de tête, la perturbation du sommeil (difficulté à s’endormir ou sommeil interrompu, agité, non satisfaisant), la transpiration excessive, les palpitations, l’essoufflement et divers problèmes gastro-intestinaux. » (p.31)

Pour les auteurs, la santé mentale optimale ou encore la notion de bien-être implique la capacité de faire appel à des ressources psychologiques, sociales et environnementales permettant de se développer comme personne et de surmonter l’adversabilité prévisible de la vie.

ANXIÉTÉ ET ORIENTATION

 

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L’anxiété, sous ses différents types, est l’anticipation d’une menace future qui dépasse la stricte peur (d’échouer, de se tromper, etc.). Tel que le souligne l’American Psychiatric Association (2015), l’anxiété se manifeste par « une tension musculaire et une vigilance dans la préparation au danger futur et à des conduites de prudences ou d’évitements. » (p.221)

S’orienter est en soi une situation à potentiel anxiogène élevé. Lorsque l’on dit que choisir c’est renoncer, cela implique immanquablement la notion de risque. Sous cette perspective, il y a lieu de penser que « bien s’orienter » consiste à réduire les écarts nous empêchant d’une certaine façon à mener une vie pleinement authentique, congruente et satisfaisante, que ce soit par rapport à soi-même (moi actuel, moi souhaité, actions requises) ou encore d’écart entre les faits et les croyances (ou faits alternatifs …) sur le plan de l’information scolaire et professionnelle (connaissances ajustées des programmes d’études, des professions, des réalités de vie au travail, etc.). Desrosiers (2012) constate que « certains élèves restent immobiles par crainte de faire un mauvais choix de carrière, d’autres angoissent devant l’étendue des possibilités alors que certains optent pour une démarche approfondie et rigoureuse dans l’espoir de garder le contrôle sur leur avenir. » (p.110) L’anxiété influence la capacité d’un individu à prendre une décision de carrière pour soi (Apodaca, 2016).

Dans la traduction de l’un de ses plus importants ouvrages publiés en 1976, puis traduits en français en 2010, le célèbre psychiatre Aaron Beck, aujourd’hui âgé de 95 ans, indique la construction des idées s’opère en regard d’une organisation cognitive individuelle unique, liée à des émotions et des comportements, puis opérée sous certaines conditions et contextes propres à la personne. Pour Beck (2010), les problèmes individuels, notamment ceux liés à l’anticipation de l’avenir, découlent en grande partie de distorsions de la réalité fondées sur des hypothèses et des prémisses erronées liées à notre histoire d’apprentissage de vie. Lorsqu’une personne s’engage, seule ou accompagnée par un conseiller d’orientation, dans un processus de prise de décision de carrière, elle le fait d’abord avec l’état de ses connaissances d’elle-même en regard de son interaction avec son environnement, et ce, tout au long de son histoire personnelle. Ces connaissances sont parfois basées sur des faits, parfois elles peuvent l’être sur des croyances erronées. Et c’est de là que s’engage un travail décisionnel des plus importants dans la vie …

Beck nous invite donc à se demander comment est-ce que j’évalue … différentes situations de ma vie au quotidien ? … et comment je réagis lorsque les gens ou les contextes me stressent (jugement sur moi-même, communication interpersonnelle, scénarios et façons de voir le monde, les professions, sinon les gens qui les exercent ? En clair, comment je tends à donner sens au monde qui m’entoure ? La réponse émotionnelle et son intensité va bien sûr varier d’un individu à l’autre pour un même contexte (Beck, 2010).

Chez les jeunes appelés à prendre une décision de carrière en termes de programmes d’études ou de voie professionnelle, cela peut se traduire par des pensées erronées plus tôt que des faits dûment validés et relativisés :

  • Vaut mieux ne pas trop s’engager dans un choix pour pouvoir se garder les portes ouvertes !

 

  • Les conseillers d’orientation ne donnent pas toujours la bonne information, vaut mieux ne pas trop leur faire confiance;

 

  • Les universités X et Y sont les mieux « cotées » …

 

  • Je risque trop d’échouer si je m’inscris dans le programme X, vaut mieux m’en tenir au programme Y;

 

  • Si je prends une mauvaise décision, je vais le payer toute ma vie ! ;

 

  • Les gens qui changent d’idées sont des personnes fragiles;

 

  • Si je prends la mauvaise décision, je ne pourrai pas retourner en arrière par la suite;

 

  • À quoi ça sert de s’orienter; de toute façon ça va tout planter d’ici dix ans !

 

  • Je dois TOUT savoir sur le marché du travail pour prendre LA bonne décision

 

S’étant intéressé à la question de prise de décision de carrière et l’anxiété, Apocada (2016) indique les personnes anxieuses qui consultent en orientation sont souvent en mode de crise et vont rechercher des avis et des réponses immédiates de ce qu’ils devraient faire. De leur côté, Cook, Bewick, Bradley et Audin (2006) soulignent que l’expérience de transitions scolaires entre deux ordres d’enseignement peut activer des sources importantes de stress (ajustement à un nouvel environnement d’études, gestion financière et résidentielle, relations sociales, etc.).  L’anxiété peut être à la fois source et conséquence, selon une durée et une intensité variable, de tensions, de préoccupations, de souci, d’humeur triste ou maussade, de réactions colériques et agressives, de peurs et de replis, sinon d’impulsivité.

 

CE QU’UN CONSEILLER D’ORIENTATION POURRAIT FAIRE ?

 

Les conseillers d’orientation ne sont pas des psychothérapeutes, bien que certains puissent porter légalement les deux titres sous certaines conditions de formation supplémentaire. Néanmoins, tous sont qualifiés par l’octroi d’une activité légalement réservé d’évaluer (en orientation) une personne atteinte d’un trouble mental ou neuropsychologique attesté par un diagnostic ou par une évaluation effectuée par un professionnel habilité (Assemblée nationale du Québec, 2009). Donc, que leurs clients soient diagnostiqués d’un trouble d’anxiété ou qu’ils expérimentent tout simplement une anxiété contextuelle en raison d’une décision de carrière à prendre, différentes stratégies d’intervention peuvent être incluses au sein d’un processus plus large d’évaluation de vos ressources personnelles, de votre fonctionnement psychologique et des conditions de votre milieu en regard de votre objectif de changement de vie scolaire ou professionnelle. En voici quelques-unes :

  • Apprentissage social : mettre en place des conditions environnementales permettant à la personne de solliciter concrètement ses habiletés réelles en contexte de travail de manière à questionner, voire confronter ou de réajuster ses représentations d’elle-même;
  • Narration constructiviste : amener le client à se raconter – par écrit, oralement ou visuellement – à se raconter, à écrire, mais surtout à réécrire son histoire personnelle en tenant compte de ses réussites, de ses capacités, mais aussi de la manière dont il est possible de reconsidérer un point de vue sur soi en interaction avec le monde.
  • Repérage de « Must-urbation », à dire de repérer et de prendre conscience dans son discours verbal ou intériorisé de 1) ses prescriptions (les « il faut… », « je dois … »), 2) ses généralisations sur soi et sur le monde (« y’a pas de job ! », « les immigrants … », 3) ses absolus (« il y a deux façons de voir les choses ! », dans la vie tu avances, sinon tu recules, etc.
  • Métaphores : utiliser des images, des expressions ou d’autres formes descriptives (souvent imagées) afin d’exprimer la manière dont est vécue une situation pour ensuite en explorer et mieux comprendre le sens pour soi, pour son orientation professionnelle;
  • Modelage : faire vivre une expérience d’apprentissage par l’observation et la reproduction de comportements d’un modèle (ex.: techniques d’entrevue de recherche d’emploi, habiletés relationnelles, etc.).

 

Il en existe plusieurs autres. En fait, il y a autant de stratégies ou de variantes de celles-ci que de clients. Les conseillers d’orientation doivent s’ajuster à la demande, aux caractéristiques et au contexte de la personne qui consulte. En regard de l’approche de chacun, ainsi que leur manière d’évaluer les dimensions de la personne, ils vont employer des stratégies d’intervention propres à eux. Ajoutons également à la liste de stratégies énoncées plus haut, les suivantes rapportées par Apodaca (2016) dans le cadre de ses recherches auprès de personnes anxieuses en situation de décision de carrière :

  • Répétition de respirations profondes: placer ses mains sur son estomac, inspirer tout l’air qu’il est possible, puis relâcher le tout lentement, puis répéter à plusieurs reprises jusqu’à ce que le client se sente plus calme. Il existe une panoplie d’autres types d’exercice de respiration (ex. : respiration contrôlée) qui peuvent aussi bien faire le travail.
  • Visualisation de succès: demander au client d’expliquer à quoi pourrait ressembler une vie sans anxiété, dans la vie en général et plus particulièrement en regard d’une prise de décision de carrière. Le conseiller va ensuite insister à accompagner le client à prendre contact des émotions qui accompagnent cette image, de bien les ressentir, pour ensuite être en mesure de les décrire. Et enfin, ce conseiller va rechercher avec la personne les dernières fois, les derniers moments, dans n’importe quelle sphère de vie, où cette personne a vécu ce type d’expérience (en prenant encore une fois bien le temps d’en détailler tous les éléments de bien-être constructif) pour éventuellement lui demander ce qu’elle aurait à faire, aujourd’hui, ici et maintenant, pour expérimenter ces émotions à nouveau ?
  • L’activité physique: il arrive que des personnes puissent répondre positivement à une baisse de l’anxiété par la marche ou les étirements. Seul ou même avec son conseiller, pourquoi ne pas aller prendre une marche (en restant suffisamment discret dans ce dernier cas pour assurer la confidentialité du service), puis à différents moments de celle-ci, de demander à la personne son état d’expérience d’anxiété (fort à faible) présente ici et maintenant.
  • Référer à un psychothérapeute. Si l’anxiété demeure véritablement trop forte, empêchant, voir contaminant toute tentative d’avancement sur le plan du processus de prise de décision de carrière, alors il se peut que la première étape consiste à atténuer sa présence, et ce, jusqu’au moment où il sera possible, du moins avec plus de contrôle, de conscience et d’outils d’autogestion, pour être disponible pour le processus de prise de décision de carrière.

 

RÉFÉRENCES

American Psychiatric Association (2015). DSM-5. Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux (traduction française). Issy-les-Moulineaux, France : Elsevier Masson.

Apodaca, M. (2016). Promoting Client Change: The Role Anxiety Plays in Career Decision Making. Career Planning and Adult Development Journal, 32(1), 10-18.

Assemblée nationale du Québec (2009).  Projet de loi n°21 : Loi modifiant le Code des professions et d’autres dispositions législatives dans le domaine de la santé mentale et des relations humaines. Québec : Assemblée nationale du Québec. Document récupéré de http://www.assnat.qc.ca/fr/travaux-parlementaires/projets-loi/projet-loi-21-39-1.html

Association canadienne pour la santé mentale (2014). Les troubles anxieux. Toronto : ACSM.

Baraldi, R., Joubert, K. et Bordeleau, M. (2015). Portrait statistique de la santé mentale des Québécois. Résultats de l’Enquête sur la santé dans les collectivités canadiennes – Santé mentale 2012. Québec : Institut de la statistique du Québec. Récupéré de http://www.stat.gouv.qc.ca/docs-hmi/statistiques/sante/etat-sante/mentale/portrait-sante-mentale.pdf

Beck, A. T. (2010). La thérapie cognitive et les troubles émotionnels. Traduction de B. Pascal de ″Cognitive Therapy and the Emotional Disorders″ (1976). Bruxelles : de Boeck

Cournoyer, L. (2012). L’anxiété (dé)orientante. Série de journées de formation offertes dans le cadre des activités de formation continue de l’Ordre des conseillers et des conseillères d’orientation du Québec. Document inédit.

Desrosiers, É. (2012). L’interaction de manifestations d’anxiété avec des difficultés et des critères de prise de décision relative à la carrière d’élèves de la quatrième et de la cinquième secondaire. Rapport d’activité dirigée. Montréal : Université du Québec à Montréal. Document récupéré de https://fr.slideshare.net/louisco/desrosiers-2014-anxit-et-prise-de-dcision-relative-la-carrire

Katz, C., Murray, B., Stein, M.D. et Sareen, M. (2013). Les troubles de l’humeur et de l’anxiété. Association canadienne pour le traitement des troubles anxieux et de l’humeur. Conférences scientifiques, 13(2), récupéré de http://www.humeuretanxieteconferences.ca/crus/144-010%20French.pdf

Kessler, R. C. (2007). The global burden of anxiety and mood disorders: Putting the European Study of the Epidemiology of Mental Disorders (ESEMeD) findings into perspective. Journal

of Clinical Psychiatry, 68(Suppl 2), 10–19.

Institut universitaire de santé mentale Douglas (s.d.). Santé mentale de A à Z. Les troubles anxieux. Montréal : Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux de l’Ouest de l’Ile de Montréal. Récupéré de http://www.douglas.qc.ca/info/troubles-anxieux

Portail de la santé du Gouvernement du Québec (s.d.). Troubles anxieux. Québec : Gouvernement du Québec. Récupéré de http://www.sante.gouv.qc.ca/problemes-de-sante/troubles-anxieux/

 

À propos de l'auteur :

Professeur-chercheur (Counseling de carrière) / Directeur de la Clinique Carrière / Directeur des programmes de premier cycle en développement de carrière / Conseiller d'orientation et superviseur clinique Université du Québec à Montréal

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